hier soir à 23 h je suis arrivée à l’hôtel mercure à la haye et j’ai envoyé des vidéos de ma chambre et de ma salle de bains à j, zéro réaction
jus de fruit sur mon ordinateur portable pendant le petit-déj, après deux heures de facetime avec un ami à berlin je prépare aujourd’hui depuis ma chambre d’hôtel une présentation sur les soins buccodentaires des enfants, je croyais l’avoir annulée mais je vais quand même devoir faire l’aller-retour demain à utrecht on est en octobre mais on ne s’en rend compte que la nuit et je n’ai pas entendu la moindre allusion à halloween
malbec commandé, pinot gris commandé, nous avons une allergie aux noix, trop de cholestérol parce qu’on fait tout frire aux états-unis, et phobie de vomir
je prends un troisième verre de malbec, je veux un steak même si j’avais demandé à manger végétarien
« on court le risque que les gens écrivent qu’ils sont sur les rotules »
ou « courir des risques, les gens écrivent à ce sujet parce qu’ils sont sur les rotules »
« j’ai supprimé un tweet, à présent je ne publie plus que des messages superficiels et positifs, sur twitter les gens qui ont 50 000 followers sont les plus remontés, les plus furieux »
« ce qui me rend vraiment dingue, c’est de donner une interview, et que non seulement on change ce que j’ai dit, mais aussi les questions »
la première fois que j’ai dû mentir pour ma mère elle venait de vider les trois quarts de la bouteille de whisky dans l’évier et la remplissait d’eau, j’avais quatre ans,
« le bateau-mouche en a heurté un autre de plein fouet, tout s’est renversé, le tour était loin d’être terminé, on ne parle jamais d’accidents en bateau-mouche »
« je veux bloguer sur un navire »
ça fait deux heures qu’on attend et toujours pas de plat de résistance, j’ai oublié mes cigarettes, ma voisine cherche ses kreteks, elle les a oubliées aussi, une troisième scrute en vain les environs en quête d’un distributeur, alors nous partons acheter des cigarettes chez l’Indonésien du coin, nous fumons et revenons nous asseoir
« le camping stimule la créativité, mais je n’ai jamais campé sauf au festival lowlands où tout était déjà installé »
« je ne supporte plus rien, fatigue chronique toujours mal au crâne » j’ai compris que j’étais douée pour mentir parce que je gagnais toujours lorsqu’il fallait deviner dans quelle main se cachait le caillou et que tout le monde me voulait dans son équipe, j’avais cinq ans
« j’ai passé une année à travailler en larmes dans une pizzeria après mon master »
« je dois partager les w.-c. et la cuisine mais quel bonheur d’avoir ma propre douche »
des gens qui vomissent et pissent dans le bus de nuit, se faire harceler dans le tram
« et tout à coup il y avait une dent près de moi sur la chaise »
« quelqu’un veut un brownie ? »
on partage un dessert mais pas la fourchette
« dans mon école primaire on peut désormais apprendre l’espagnol »
« pour attendre des sommets, faut pas s’adresser à moi »
après le dessert, vers 22 h, nous pouvons encore arriver à temps pour le dernier débat du festival « ou juste prendre un autre verre ou rentrer à l’hôtel, your choice »
soudain quelqu’un s’en va
de retour dans ma chambre douces pulsations de lumière
d’un écran publicitaire de l’autre côté de la rue
ce que dit j un manque d’idées
tout est conte de fées
tout ce qui a été mangé fait défaut
tout est perdu et rien n’est omis
c’est en racontant la blague qu’on la comprend
demain nous irons au festival